6 mars 2020 : premier cas suspect Covid à la Citadelle

05/03/2021

6 mars 2020 : premier cas suspect Covid à la Citadelle
Il y a un an exactement, l’hôpital de la Citadelle faisait face à un premier cas référencé comme « suspect Covid ». Le 12 mars, une première patiente était confirmée positive. Un mois plus tard, au pic de la première vague, on en dénombrait 116 en même temps dans l’hôpital. Retour sur un mois de mars qui a plongé les équipes dans l’inconnu, mais qui a également forgé une solidarité exceptionnelle.
Fin février-début mars, alors que la crise sanitaire prend de l’ampleur en Chine, les stations de ski en Italie sont pointées du doigt comme vecteur de propagation. Le 6 mars, un premier cas suspect est officiellement référencé au CHR de la Citadelle : « Nous étions alors en pleine période de grippe », se souvient le Docteur Elise Populaire, « il était donc difficile de différencier les deux maux, d’autant que nous en savions très peu sur le Covid ». Gériatre de profession, c’est elle qui va vivre les premiers jours de la pandémie : « Le 6 mars également, il nous a été demandé de transférer des patients dans d’autres salles, voire de renvoyer chez eux ceux qui le pouvaient. La salle 56 était en effet pourvue d’une ventilation séparée, ce qui pouvait être un atout pour isoler les cas Covid ».
Le premier Labo Cita Drive de Belgique
Le week-end des 7 et 8 mars, les réunions de crise s’enchaînent au CHR de la Citadelle. Le Plan d’urgence interne est déclenché et, dès le lundi 10 mars, l’hôpital inaugure son « Labo Cita Drive », une première en Belgique. « L’idée était de permettre aux personnes suspectes de venir se faire dépister tout en restant dans leurs voitures », commente Jérôme de Marchin, biologiste et chef de service adjoint du laboratoire. « On évitait ainsi la concentration de personnes dans un seul lieu tout en accélérant le processus de dépistage ». Dès le mois d’août, au vu du succès rencontré, le Labo Cita Drive déménagera au parking P+R de Vottem : « A ce jour, le laboratoire a réalisé plus de 170.000 tests PCR », ajoute Jean-Marc Minon, chef de service du Labo Cita, « et nous avons acquis de nouvelles machines pour faire face à la demande. Désormais, en moins de 4h, le patient reçoit par SMS son résultat ».

Le premier cas positif officiellement recensé
C’est finalement le 12 mars que le premier patient Covid est officiellement recensé. « Agée de 62 ans, la patiente a dû recevoir de l’oxygène au vu de son état, mais elle s’en est finalement bien sortie puisqu’elle a pu rentrer chez elle le 19 mars », dit encore le Docteur Elise Populaire. « Nous avions déjà eu plusieurs cas suspects, mais ils étaient tous négatifs », enchaîne le Docteur Benoît Pirotte, infectiologue. « Le virus restait assez inconnu. Nous avons d’ailleurs effectué les premières consultations avec un simple masque chirurgical ». Le Docteur Pirotte n’a à ce jour pas contracté la maladie, à l’inverse du Docteur Populaire qui n’en a heureusement pas gardé de sequelles .

La création de la Conciergerie
Le 12 mars également, le premier Conseil national de sécurité prend des mesures radicales concernant les hôpitaux : fin des consultations et des opérations non-urgentes pour permettre aux équipes de se focaliser sur les cas Covid. Mais également suppression des visites aux malades : « A ce moment-là, nous avions encore quelque 400 patients – majoritairement non-Covid » hospitalisés dans nos murs », rappelle Sylvianne Portugaels, directeur général du CHR de la Citadelle, « et donc autant de personnes qui seraient coupés du monde durant de longues semaines ». Une équipe transversale se met rapidement en place et, en 72 heures, accouche d’un autre projet innovant : « Nous devions absolument conserver le lien entre les patients et leurs proches », poursuit Sylvianne Portugaels. « La Conciergerie allait répondre à la problématique en permettant aux familles de venir déposer des colis à la « Petite maison » située près de l’hôpital. Après 24 heures de décontamination, ils étaient alors distribués dans les chambres par nos assistants sociaux. Petite cerise sur le gâteau : un photomaton permettait aux proches de glisser une photo dans le colis… ». Entre le 16 mars et le 27 juin (fermeture temporaire jusqu’au 20 octobre), la Conciergerie aura géré et distribué plus de 2.000 colis…

Coordonner l’expertise pour mieux connaitre le virus
Le 18 mars, le CHR de la Citadelle met en place une « task force » qui a pour mission la validation des procédures institutionnelles à appliquer dans le cadre de la pandémie. Composée de médecins, infirmiers, personnel administratif, membres de la direction, elle se réunira jusqu’à trois fois par semaine et est toujours active en mars 2021. Autre groupe de travail qui aura une importance capitale dans la gestion : le comité scientifique chargé de dégager des consensus sur des procédures, des protocoles et des traitements. « Si le virus est aujourd’hui mieux cerné, il faut se rappeler les premières semaines où les informations arrivaient du monde entier, parfois contradictoires, et à une vitesse incroyable », décrypte Jean Louis Pepin, directeur médical. « L’expertise de nos médecins, qui ont gardé la tête froide même lorsque la situation était hyper tendue, nous a permis de mieux cerner le virus et d’être plus efficient lors de de la seconde vague ».
Au 30 mars 2020, le CHR de la Citadelle avait dédicacé 5 salles aux patients Covid et divisé en deux parties distinctes les urgences pour créer un flux sécurisé « Covid . Après un mois de crise sanitaire, près de 80% des lits de soins intensifs accueillaient des patients infectés…